GAUDARD Pierre-Yves

GAUDARD Pierre-Yves
Anthropologue
Maître de conférences à la Faculté des sciences humaines et sociales Sorbonne (Paris-V)
9, avenue des Gobelins, 75005 Paris
pygaudard[AT]orange.fr

PRESENTATION
Le travail que j’ai mené sur les effets de la culpabilité liée au génocide sur la société allemande après 1945 (Le Fardeau de la mémoire, Plon, 1997) m’a conduit à mobiliser plusieurs disciplines pour construire mon objet : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie et la psychanalyse. Seule une démarche pluridisciplinaire permet, en effet, de rendre compte d’un objet aussi peu tangible que les effets de la culpabilité sur une communauté nationale aux prises avec son passé. Tout en convenant qu’une telle démarche n’est pas très orthodoxe au regard des canons classiques de nos disciplines, il me semble néanmoins qu’elle n’est pas sans vertus heuristiques. Cela s’est vu confirmé dans le cadre de mon travail de terrain à l’hôpital psychiatrique Henri-Rousselle où des considérations cliniques sont venues interroger un abord purement ethnologique (question que je développe dans le cadre de l’U.E. de méthodologie qualitative du Master 2 recherche, mention ethnologie).

PARCOURS
– 1981-1985 : Institut d’études politiques (IEP) de Paris.
– 1986-1987 : Licence d’anthropologie et de sociologie comparée, Paris-V.
– 1987-1988 : Maîtrise d’anthropologie et de sociologie comparée, Paris-V, sous la direction du Pr Philippe Laburthe-Tolra : « Un médiateur symbolique ou le culte de saint Corneille à la Chapelle-des-Marais ».
– 1988-1989 : DEA de sociologie, Paris-X Nanterre, sous la direction de Mme Nicole Eizner (mention très bien) : « Écologie, culpabilité et identification collective en R.F.A., ou de l’écologie comme élément d’identification dans une société post-national-socialiste ».
– 1989-1995 : Thèse de doctorat de sociologie intitulée : « Mémoire et culpabilité en Allemagne. Contribution à une étude du processus de deuil collectif allemand après le national-socialisme », soutenue le 20 décembre 1995 à l’université de Nanterre devant un jury composé de Nicole Eizner, Bernard Valade, Marie Moscovici, Etienne François, et présidé par Henri Mendras (mention très honorable avec les félicitations à l’unanimité du jury).
– 2002-2003 : Master de psychologie clinique et pathologique, Université de Poitiers.

Publications
Le Fardeau de la mémoire, Paris, Plon, collection « Civilisation et mentalités », 1997.
Shoah. L’impasse des explications monocausales, Dijon, C.R.D.P., 1998.
Ségrégation, Journal français de psychiatrie, 2007/1 n° 28, Pierre-Yves Gaudard | Thierry Jean, Erès, Toulouse, France
Normes, discours et pathologies du corps politique, Cahiers du GEPECS, Délit de curiosité III, Paris, l’Harmattan, 2010.
Retour sur la loi du 5 juillet 2011, Journal français de psychiatrie, n° 38, Pierre-Yves Gaudard | Thierry Jean, Erès, Toulouse, France.
– « Psychanalyse et sociologie », in Dictionnaire de la pensée sociologique, sous la direction de Massimo Borlandi, Raymond Boudon, Mohamed Cherkaoui, Bernard Valade, Paris, 2005, Presses universitaires de France, pp. 579-580.
– « Hypocondrie sociale et ségrégation » Le Journal français de psychiatrie, n° 28, septembre 2007, « Ségrégation », numéro coordonnée par Pierre-Yves Gaudard – Thierry Jean.
– « Suggestion de l’idée de mort chez Marcel Mauss, catatonie mortelle aiguë, phobie et nodalités symboliques », Le Journal français de psychiatrie, n°39, Mars 2013.
– A paraître en janvier 2016 « El objeto y la pulsion, intereses anthropologicos », dans un ouvrage faisant suite au colloque Objeto, pulsion y cura, tenu les 28, 29, 30 avril 2008 à Santiago du Chili, avec l’aide de l’Ambassade de France au Chili. Figurera également dans cet ouvrage le texte d’une conférence prononcée à l’université catholique de Valparaiso, le 2 mai 2010, dans le département de Etnopsicologia, sur le thème « El lugar de la pulsión de muerte la cultura contemporánea ».
– A paraître en 2016 le texte de l’intervention au colloque Les Travaux İnterculturels II: Postmodernité et Subjectivité, Université Kultur d’Istanbul, titre de l’intervention : « Identité, langage et hypocondrie ».

ENSEIGNEMENTS
Licence 1, j’ai la responsabilité d’une U.E. d’histoire qui est plus, à proprement parler, un enseignement d’historiographie et qui répond à deux préoccupations principales. La première consiste à rendre sensible aux étudiants que l’Histoire s’écrit et que cela reste vrai d’Hérodote à Fernand Braudel. En d’autres termes, même lorsque l’historien rapporte des faits qui semblent se succéder avec une nécessité relevant de l’évidence, il s’agit toujours d’un récit avec ses partis pris méthodologiques. Ma seconde préoccupation, c’est de rappeler aux étudiants que le temps de l’Histoire est toujours un temps relatif et pluriel, ce temps pouvant tout aussi bien être celui de l’événement que celui d’une très lente érosion, par exemple des structures familiales ou agraires.
Licence 2, je dirige l’enseignement de théorie sociologique niveau 4. Cet enseignement vise à approfondir la réflexion sur les fondements épistémologiques des sciences sociales. Pour être plus précis, il s’agit d’inciter les étudiants à être attentifs à la manière dont la sociologie et l’ethnologie définissent leurs objets et tentent de les appréhender. Il s’agit tout d’abord de montrer comment le structuralisme introduit par Ferdinand de Saussure et Claude Lévi-Strauss relève d’une stratégie de promotion d’intelligibilité nouvelle qui rompt avec certaines manières de penser ces objets.
Licence 3, j’assure la responsabilité de l’U.E. de sociologie politique où j’interviens dans le cadre d’un cours consacré à la destruction des Juifs d’Europe. S’il est légitime d’affirmer que l’élimination du peuple juif fut, dès le commencement, une priorité des dirigeants et des idéologues nazis, il faut néanmoins rappeler que la « radicalisation cumulative » de l’entreprise meurtrière n’aurait pu voir le jour sans le rôle qu’y jouèrent la « haine charismatique » de Hitler, le délitement de l’appareil d’État légal-rationnel concurrencé par une multitude d’organisations et d’élites en compétition dans un contexte de guerre totale.
Master 1, j’interviens dans l’U.E. d’anthropologie de la maladie où je tente de mener une ethnopsychanalyse de la modernité, à partir, notamment, de la question du corps. À l’heure où la science étend le champ des possibles au changement de sexe, au recours à la biomécanique et à ses prothèses, la question de savoir ce qu’est un corps intéresse au plus au point l’ethnologue. Dans cette perspective, j’interroge également les pratiques de piercing et de tatouage.
– J’assure également en Master 1 un enseignement consacré à la notion de lien social. La visée de ce cours est de familiariser les étudiants avec les différents discours permettant d’analyser un tel lien. Il s’agit notamment de les initier aux rapports structuraux existant entre le discours du maître, le discours de l’hystérique, le discours de l’analyste et le discours universitaire. L’attention se porte également tout particulièrement sur le discours de la science et sur les symptômes qu’il nourrit.

MOTS-CLES
Psychanalyse, anthropologie, corps, politique, psychiatrie, génocide, hypocondrie sociale, etc.

– CV complet –

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