L’empire de la compassion, Paul Audi, Paris, Les Belles Lettres, Encre Marine, 2011.

L’empire de la compassion, Paul Audi, Paris, Les Belles Lettres, Encre Marine, 2011.

La compassion est devenue, peu à peu, dans notre aire culturelle mondialisée, le signe de l’«humanité» en nous. À présent, sa domination non seulement sur la morale mais sur la représentation que les hommes se font d’eux-mêmes comme de leurs rapports sociaux et politiques, est si indiscutable qu’une idéologie récente comme celle du « Care » (soin, sollicitude, souci de l’autre, aide apportée à l’autre) s’y enracine entièrement. Pourquoi un tel empire ?

Pour le comprendre, ne faut-il pas se demander quand et comment l’identification de la vertu d’humanité à la compassion s’est produite ?

C’est là l’un des objectifs du présent essai qui prend son départ dans l’articulation du problème philosophique suivant : la compassion relève-t-elle de l’amour ou de la justice ?

Il m’a semblé qu’une fois définie la compassion et retracées les grandes étapes de son histoire conceptuelle (d’Aristote à Levinas), une importance toute particulière devait être accordée à la position de Nietzsche, pour qui le respect du malheur que nous nous imposons au nom de la morale représente le pire des malheurs qui puisse frapper l’humanité considérée dans sa globalité.

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