Séminaire 2016/2017

Séminaire du pr. ZARKA

Le thème du cours et séminaire de recherche du Pr. Zarka portera sur La coexistence et se tiendra le samedi de 10h à 13h aux dates suivantes :
24 septembre, 1er octobre, 22 octobre, 5 novembre, 26 novembre, 17 décembre (cette dernière séance étant réservée à l’évaluation des étudiants de master).
Ce cours de Master abordera un grand problème de notre temps qui n’est pas tant celui de la vie commune, c’est-à-dire de la communauté, que celui de la vie séparée, c’est-à-dire de la coexistence.
La vie ensemble est celle d’une communauté, petite ou grande, qui a un passé, un présent et un avenir communs dans lesquels chaque individu, chaque famille, chaque groupe puise ses principaux repères. Mémoire, coutumes, mœurs, traditions, religions, langues constituent un patrimoine collectivement partagé de faits, de mythes et de valeurs qui se perpétuent dans les généalogies, les patronymes, les demeures et se transposent en fortes solidarités. Ces solidarités sont le fondement de fraternités mais aussi de conflits. Rivalités et déchirements parfois violents, mais aussi retrouvailles et réconciliations prennent place dans cet espace de reconnaissance différencié et commun qu’est une communauté.
La vie séparée est autre chose, le contraire. C’est la vie de ceux qui ne veulent pas vivre ensemble. Ils ne s’aiment pas, ils ne veulent pas vivre en commun parce qu’ils estiment ne rien partager les uns avec les autres. Sauf peut-être le fait d’être des hommes. Mais ce fait apparaît bien léger face au souvenir des luttes passées, aux haines mutuelles, aux rancunes indélébiles, à la volonté de faire prévaloir sa légitimité ou son droit dans l’exclusion ou la négation de celui de l’autre. La vie séparée ainsi entendue peut se rencontrer entre individus aussi bien qu’entre groupes, communautés ou peuples. Communautés ethniques, religieuses, linguistiques, culturelles en somme, entretiennent souvent des rapports mutuels qui relèvent de la vie séparée.
Il s’agit donc de répondre à la question suivante : comment empêcher ceux (individus ou groupes) qui se rejettent mutuellement, pour des raisons multiples, passées ou présentes, de propriété, de légitimité contestée, de rivalité des histoires, des religions, des cultures, etc. de se penser et de se poser dans la négation l’un de l’autre ? Comment par conséquent penser et établir la coexistence ?

séminaire_Y.C. Zarka


Séminaire du pr. SPURK

Crises et critiques
Séminaire de recherche
sous la direction de
Pierre-Antoine Chardel et Jan Spurk

 Le consensus, profondément établi entre les années 1980 et 2000 selon lequel « there is no alternative » (TNA, Thatcher) au projet de modernisation du capitalisme, s’est effrité. La « world governance » est bien incapable de développer un nouveau projet de société. Il s’est ainsi établi un profond malaise dans la société, un profond fatalisme et beaucoup de morosité. La société telle qu’elle est ne correspond pas aux désirs des individus, tandis que les diverses crises (sociales, économiques, politiques, écologiques, etc.) sont vécues comme une « crise érosion » omniprésente et non-maîtrisable.

 Le vécu de la « crise érosion » provoque des critiques publiques très diverses ainsi que le développement d’une certaine autonomie intellectuelle. Mais cette autonomie dans l’acte de penser des avenirs possibles n’est pas en soi libératrice. Les avenirs sont ouverts et des avenirs autoritaires sont une possibilité. Les replis identitaires que l’on observe un peu partout dans le monde en sont un indice frappant.

 On a également pu constater un certain renouveau de courants critiques au sein des sciences sociales. Leurs positions, leurs approches et leurs démarches sont cependant très disparates en ce qui concerne leurs références théoriques, leurs objets, leurs méthodes ainsi que leurs finalités. En outre, les positions critiques en sciences sociales ne correspondent ni aux profils des disciplines académiques ni au démarches interdisciplinaires établies.

 Au cours de ce séminaire, il s’agira de rappeler que les théories critiques ne se satisfont pas de la dénonciation des souffrances et des frustrations vécues mais elles visent une compréhension des raisons pour lesquelles la société est devenue ce qu’elle est et pour lesquelles elle dispose d’un potentiel pour se dépasser et surmonter les impasses du temps présent.

 

Il s’agira ainsi de nous pencher sur :

  1. Les critiques publiques contemporaines : acteurs, objets et formes de leurs critiques, raisons d’agir, visions du monde, espaces publics
  2. Les théories critiques contemporaines en sciences sociales : argumentations et finalités
  3. La question de la conjonction (im)possible entre les critiques publiques et les théories critiques en sciences sociales.
  4. Les signes d’un renouveau de l’activité critique, empruntant non seulement aux théories critiques établies, mais aussi à la critique littéraire, à l’herméneutique contemporaine, aux humanités digitales etc.

 

 Lieux : Institut Mines-Télécom (IMT), 46 rue Barrault, Paris 13è, Métro : Corvisart & FMSH, Maison Suger, Paris 5è, Métro : Odéon

 

Programme :

  •  Jeudi 10 novembre 2016, 17h-19h (IMT – TEM, salle E102) : Jan Spurk, professeur de sociologie à l’Université Paris Descartes : Critiques et avenirs possibles
  • Jeudi 8 décembre 2016, 17h-19h (IMT – TEM, salle E102) : Marie Goupy, maître de conférences en philosophie à l’Institut Catholique de Paris : L’état d’exception ou l’impuissance autoritaire de l’Etat
  • Jeudi 12 janvier 2017, 17h-19h (FMSH, Maison Suger): Alice Le Goff, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris Descartes : Thorstein Veblen et la critique sociale
  • Jeudi 9 février 2017, 17h-19h (FMSH, Maison Suger): Valérie Brunetière, professeure en sciences du langage à l’Université Paris Descartes: Crise et prédiction en sémiologie
  • Jeudi 9 mars 2017, 17h-19h (FMSH, Maison Suger) : Juan Alonso Aldama, maître de conférences en sciences du langage à l’Université Paris Descartes : Crise et incertitude : régimes sémiotiques de l’imprévisibilité 
  • Jeudi 6 avril 2017, 17h-19h (IMT – TEM, salle E102): Alice Canabate, chercheure en sociologie au LCS de l’Université Paris Diderot: Au-delà des crises écologiques ?
  • Jeudi 11 mai 2017, 17h-19h (FMSH, Maison Suger): Pierre-Antoine Chardel, professeur de philosophie sociale et d’éthique à l’Institut Mines-Télécom / Télécom Ecole de Management : Crise de mots et lignes de résistance